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Clair-obscur

à partir du 4 mars
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Victor Man, Titiriteros, 2023, Pinault Collection © Victor Man © Adagp, Paris, 2026. Photo : def image.

À travers une sélection d’une centaine d’œuvres de la Collection Pinault, et pour la première fois certaines modernes, l'exposition « Clair-obscur » traverse, de l'obscurité à la lumière, l'héritage du chiaroscuro dans les enjeux du temps présent. La Bourse de Commerce se transforme en un paysage à la fois luministe et crépusculaire, invitant le visiteur à une expérience sensible où se confrontent visible et invisible.

Horaires

Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le vendredi jusqu'à 21h
Fermeture le mardi et le 1er mai
Nocturne gratuite tous les premiers samedis du mois de 17h à 21h

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Plein tarif : 15€
Tarif 18-26 et autres réductions : 10€
Entrée gratuite sans réservation après 16h pour les porteurs de la carte Super Cercle
Accès illimité et prioritaire avec la carte Membership

Tous les tarifs et bénéficiaires de gratuité

« Le contemporain est celui qui fixe le regard sur son temps pour en percevoir non les lumières, mais l’obscurité. Tous les temps sont obscurs pour ceux qui en éprouvent la contemporanéité. Le contemporain est donc celui qui sait voir cette obscurité, qui est en mesure d’écrire en trempant la plume dans les ténèbres du présent ». — Giorgio Agamben

Prenant pour appui la réflexion du philosophe italien Giorgio Agamben, l’exposition « Clair-obscur » emprunte son titre au fameux chiaroscuro qui s’invite dans la peinture depuis le 16e siècle, le maniérisme et l’âge baroque, à l’image de l’œuvre du Caravage qui en intensifie l’usage, plongeant le monde terrestre dans l’obscurité, tandis que des rayons de lumière accentuent la tension dramatique et les enjeux spirituels sous-jacents à l’œuvre. Poursuivant ce voyage au cœur des ténèbres, Goya emporte dans son oeuvre toute la part sombre de l’humanité, et le clair-obscur, tel qu’il le parachève, nimbe toujours de sa profondeur et de son mystère la création contemporaine, en particulier, celle de Sigmar Polke, dans sa chapelle hallucinée Axial Age (2005-2007). Philippe Parreno, qui revisite les peintures noires de la Quinta del Sordo à la flamme de la bougie, rappelle combien ce cycle alchimiste a ouvert les vannes de la sensibilité moderne. L’influence du clair-obscur se fait autant sentir dans la palette sourde des toiles énigmatiques et mélancoliques de Victor Man — dont un ensemble de peintures est présenté en Galerie 3 — que dans la poétique des œuvres de Bill Viola, qui s’inspire des maîtres anciens pour faire advenir, dans une temporalité ralentie, des corps qui émergent de l’ombre. 

Laura Lamiel dépose quant à elle, dans les vingt-quatre vitrines du Passage, des œuvres où se nichent des états d’âme, des bruissements atmosphériques ou des chimères matiéristes qui tentent de donner forme à ce qui est invisible ou volatile : la mémoire, les affects, les émotions et les états mentaux qu’elle révèle de l’ombre et fait vibrer en se servant de la lumière, selon ses mots, « de façon vitale, comme si je travaillais avec des pinceaux ». Cette carte blanche réunit ainsi un corpus d’installations spécifiquement imaginées pour cette présentation, où la couleur et la lumière tiennent un rôle essentiel, et où se joue un répertoire de formes sensibles constituées d’objets trouvés, de collections et de certaines taxonomies de matériaux qui contrastent avec les surfaces immaculées de l’acier qu’elle éclaire avec des tubes fluorescents.

Sous le dôme zénithal du musée, avant de s’évaporer et de laisser place, à l’été, à l’œuvre de brouillard de Fujiko Nakaya, celle de Pierre Huyghe, Camata (2024), s’ancre dans la scène circulaire de la Rotonde qui se meut en amphithéâtre hors du temps. S’y déploie le rituel métaphysique filmé par l’artiste dans l’immensité du désert d’Atacama, au Chili, invitant à une méditation où la place de l’humain dans l’univers — de la nuit au jour, de l’ombre à la lumière, de la terre au ciel, du rituel au cosmos, de l’humain au non-humain — se rejoue sans cesse.

Avec : Frank Bowling / James Lee Byars / Bruce Conner / Trisha Donnelly / Jean Dubuffet / Alberto Giacometti / Robert Gober / Pierre Huyghe / Saodat Ismaïlova / Laura Lamiel / Victor Man / Maria Martins / Jean-Luc Moulène / Fujiko Nakaya / Bruce Nauman / Philippe Parreno / Sigmar Polke / Carol Rama / Germaine Richier / Louis Soutter / Alina Szapocznikow / Yves Tanguy / Wolfgang Tillmans / Rosemarie Trockel / Bill Viola / Danh Vo / Mary Wigman 

Commissariat : Emma Lavigne, directrice et conservatrice générale de la Collection Pinault

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