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Laura Lamiel

à partir du 8 février
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Laura Lamiel

Dans les vitrines du Passage, les installations de Laura Lamiel transforment la lumière et la couleur en matière sensible. Entre ombre et éclats, elle compose un paysage poétique d’objets et de formes qui invitent à percevoir l’infime et à toucher du regard ce qui d’ordinaire demeure invisible.

Horaires

Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Fermeture le mardi
Pas de nocturne les vendredis

Jusqu’au 2 mars, le musée est en mouvement et les tarifs sont adaptés : 

Tarif réduit pour tous : 9 €
Tarif 18-26 et autres réductions : 7 € 
Entrée gratuite sans réservation pour les porteurs de la carte Super Cercle
Accès illimité et prioritaire avec la carte Membership

Tous les tarifs et bénéficiaires de gratuité

Dans les vingt-quatre vitrines du Passage, promenade circulaire de la Bourse de Commerce, Laura Lamiel réunit un corpus d’œuvres spécifiquement imaginées, où la couleur et la lumière jouent un rôle essentiel. Entre zones d’ombres et éclairages ciblés, elle déploie des formes sensibles et fragiles, composé d’objets trouvés et de plusieurs taxonomies de matériaux. Organisées selon un principe de tension, ces œuvres plongent le visiteur dans une zone de vacillement, l’invitant à percevoir l’infime, le fragile, le vulnérable et à mener une quête métaphysique : celle de l’artiste qui s’attache à donner forme à ce qui est invisible ou évanescent — la mémoire, les émotions, les états intérieurs.

« “ça fait un bruit d’ailes, de feuilles, de sable”, un titre tout en rythme et en images qui laisse entrevoir le travail de Laura Lamiel dans les vitrines de la Bourse de Commerce. Tirés d’En attendant Godot, pièce phare du théâtre de l’absurde de Samuel Beckett, ces mots reprennent précisément un échange entre les deux personnages, Estragon et Vladimir, dans lequel ils essaient, tour à tour, de nommer, de décrire ou d’imaginer un son, peut-être un bruit, à peine audible ou même inexistant. La scène laisse entendre que ce bruit est à la fois réel et mental, sensoriel et poétique, à l’image du paysage visuel créé ici par Laura Lamiel. […] Là où Beckett use du langage pour exposer son épuisement, Laura Lamiel utilise la matière pour montrer la mise en tension d’objets, leurs contradictions parfois, dont elle a besoin : “Cela me demande du temps pour faire dialoguer les écarts entre les objets.” Ses installations reposent sur cette dialectique entre épuisement et relance. Chaque œuvre naît d’un dialogue entre des objets en décalage, fragments du monde réel et empreintes du vécu. Pour Laura Lamiel, il s’agit de créer des situations de présence, des états de suspension, de vacillement où le spectateur n’est plus un regardeur distant, mais une conscience éveillée à l’infime, au tremblement, au détail chargé d’une puissante force d’évocation. […] Dans les vitrines — vestiges historiques de la Halle au Blé —, Laura Lamiel prolonge sa recherche sur les “cellules”, dispositifs commencés dans les années 1990, proposant une réflexion sur l’espace d’exposition, sur la question du regard et la mise en scène de l’intime. Ces structures ouvertes, souvent constituées de parois blanches, de plaques de verre et de miroirs espions, évoquent de manière troublante le dispositif muséal des vitrines. […] D’une vitrine à l’autre, des formes, des matières, des couleurs reviennent : chaussures d’enfants, gants, chaises, poudre d’ardoise, tissus compressés, manteaux en coton hydrophile, briques émaillées, une phrase également tapée à la machine sur du linge (“rien n’est à faire tout est à défaire”). Ces récurrences réactivent “la mémoire des pièces précédentes”, créant une composition rythmique, presque musicale : ce qui finit ici recommence là, comme un souffle continu.

Dans l’œuvre de Laura Lamiel, une autre composante est omniprésente : la lumière. Les tubes fluorescents révèlent autant qu’ils dissimulent les objets qu’ils accompagnent. Certaines compositions, partiellement plongées dans l’ombre, sont traversées par un trait lumineux qui dessine une ouverture. Ainsi la lumière ne se contente pas d’illuminer un objet, elle structure l’espace, matérialise des zones de transition et active la tension entre présence et absence, entre surface et profondeur. Au sein de ses installations, les surfaces s’illuminent, les matériaux, quels qu’ils soient, sont mis en relief, portés par la quête de l’artiste de faire advenir des choses, “tout à la fois la lumière et la pénombre” — laissant apparaître non seulement ce qui est présent mais aussi ce qui est en réserve, en latence. Les contrastes entre ombre et lumière apparaissent également au travers des matières utilisées par l’artiste, la succession des peintures noires et des manteaux en coton, d’un blanc immaculé ; les tranches dorées de missels empilés les uns sur les autres.

Laura Lamiel compose “des paysages” suspendus où le regard circule entre reflet, transparence et opacité. La lumière y engage le temps, l’usure, la mémoire : des “traces” passées coexistent et dialoguent avec des structures contemporaines. La lumière relie ces éléments dans un même champ sensible, où les écarts se révèlent, où l’infime détail possède autant de force que l’ensemble qui l’englobe. Pour Laura Lamiel, la lumière est un révélateur d’espaces intérieurs, un élément sculptural à part entière, qui invite à pénétrer subtilement dans le regard de l’artiste. Dans le silence du verre et de la lumière, dans le froissement des matières, quelque chose d’humain continue de bruisser — un bruit d’ailes, de feuilles, de sable. »
— Alexandra Bordes, extrait du catalogue de l’exposition
 

Commissariat : Alexandra Bordes, Responsable de projets auprès de la mission curatoriale

Cette installation est présentée dans le cadre de l'exposition « Clair-obscur »

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