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Fujiko Nakaya
Le 8 juin
Conférence

Rencontre avec Fujiko Nakaya et Anne-Marie Duguet

Réserver
Horaires
19h
Lieu
Auditorium
Durée
1h
Informations
En japonais/français, avec traduction simultanée.

En résonnance avec la « Fog Sculpture » Cloud #07156, qui enveloppe la Rotonde de la Bourse de Commerce, l’artiste Fujiko Nakaya partage sa pratique de sculpture du brouillard, mobilisant phénomènes naturels et dispositifs technologiques comme médium artistique. Cette conversation avec l’historienne de l’art Anne-Marie Duguet, animée par Nicolas-Xavier Ferrand (chargé de recherche auprès de la Pinault Collection), éclaire les enjeux esthétiques et historiques de son œuvre.

La première « sculpture de brouillard » de Fujiko Nakaya naît d’essais menés avec l’ingénieur Thomas Mee, pour produire, à partir d’eau pure, un brouillard non chimique recouvrant le dôme du Pavillon Pepsi lors de l’Exposition universelle d’Osaka en 1970. Cette expérience inaugure une série qui compte aujourd’hui une centaine d’œuvres.

Elle s’inscrit aussi dans le prolongement des recherches de son père, le physicien Ukichiro Nakaya, qui mit au point en 1936 une méthode de fabrication des cristaux de neige. Cette filiation fait dialoguer art et science autour de l’observation et de la formation des phénomènes naturels, et prolonge une même posture d’écoute et d’humilité à l’égard de la nature.

De même nature que le brouillard atmosphérique, celui de Fujiko Nakaya en reproduit les conditions de formation : à la fois artificiel et naturel, il dépend entièrement des conditions météorologiques et des variations infimes de son environnement. L’artiste en configure ainsi l’apparition, puis laisse agir la nature, dans une forme de complicité. Elle parle de « sculpture négative », qui rend visible l’invisible : le vent, la chaleur des corps, les circulations de l’air.

L’expérience est double : de l’extérieur, elle invite à la contemplation et à une réflexion sur le temps, le vivant et l’éphémère ; de l’intérieur, elle propose une immersion sensorielle où la perception se désoriente, la main ne peut rien saisir, et le corps devient surface sensible, enveloppé par la matière même de l’œuvre. Comme l’explique Fujiko Nakaya : « Je veux changer l’image du brouillard. Au lieu que les gens se disent « je ne peux pas voir ce beau paysage à cause du brouillard », quelqu’un pensera peut-être « le brouillard est si beau sur la montagne. »

Ses œuvres, toujours in situ, dialoguent avec des environnements variés – intérieurs comme extérieurs – vallées, montagnes, rivières, architectures ou espaces d’exposition – et donnent lieu à des collaborations avec des artistes issus d’autres disciplines, tels que David Tudor, Ryuichi Sakamoto, Trisha Brown, Min Tanaka ou Gisèle Vienne.

(#9012)

Anne-Marie Duguet est Professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, critique d’art et commissaire d’expositions. Elle a publié notamment Vidéo, la mémoire au poing (Hachette,1981), Jean-Christophe Averty (Dis-voir, 1991), Déjouer l’image. Créations électroniques et numériques (Jacqueline Chambon, 2002) et de nombreux textes sur l’art et les médias. Commissaire d’expositions telles que “Jean-Christophe Averty. Collages, découpages” (Espace Electra, Paris 1991), “Thierry Kuntzel” (Jeu de Paume, Paris, 1993), “Smile Machines” (Akademie der Kunst, Berlin, 2006), “peter campus video ergo sum” (Jeu de Paume, Paris, 2017), et co-commissaire de la Biennale « Artifices » (Saint-Denis, 1994 et 1996). Elle dirige la collection multi-média anarchive depuis 1995 dont les titres sont consacrés à Muntadas, Michael Snow, Thierry Kuntzel, Jean Otth, Fujiko Nakaya, Masaki Fujihata, Peter Campus. Elle a reçu le Media Art History Award en 2019.

L’artiste japonaise Fujiko Nakaya (née en 1933 à Sapporo) s’est fait connaître en tant que membre du collectif new-yorkais Experiments in Arts and Technology (E.A.T.) dans les années 1960. Bien qu’ayant débuté sa carrière en tant que peintre, elle s’inspire rapidement du mouvement et des phénomènes naturels jusqu’à développer ses propres Fog Sculptures (sculptures de brouillard) dont la première est réalisée en 1970, pour le pavillon Pepsi, lors de l’exposition universelle d’Osaka. Depuis lors, Fujiko Nakaya a réalisé des installations emblématiques à travers le monde, utilisant la technique de brumisation haute pression.

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