Tacita Dean

du 24 mai
au 11 septembre 2023
Fermer Tacita Dean The Wreck of Hope, 2022 Chalk on Blackboard 366 x 732 cm Photo: Fredrik Nilsen Studio Courtesy the artist; Marian Goodman Gallery New York/Paris and Frith Street Gallery, London

Dans la Rotonde.

Au printemps, Tacita Dean inscrit sa poétique atmosphérique dans les courbes de l’architecture.

Place au temps géologique et aux paysages dystopiques, aux glaciers inspirés par La mer de glace de Caspar David Friedrich, qui invite à la dérive ; à la course chorégraphiée du temps et à la désorientation ; aux sakura trees ces cerisiers millénaires continuant depuis des siècles à se parer au sortir de l’hiver de floraisons éphémères et aux paysages tremblants qui inscrivent et consignent, dans les plis de leur topographie, les séismes de l’avènement de nouvelles frontières politiques : chez Tacita Dean, les géants naturels expriment leur fragilité paradoxale dans l’obsolescence des matériaux qui les incarnent : craie, pellicule analogique, aquarelle… Tacita Dean montre ici des éléments en voie de disparition, sur le point de devenir, – des memento mori de l’ici et maintenant, laissant advenir, avant l’orage, la « nostalgie de la saison qui vient de nous quitter », pour laquelle les japonais ont inventé le nom de nagori. A la cartographie d’un monde domestiqué, manifeste sous le dôme de verre, elle cultive son « attirance pour les limites de la Terre – le désert comme la mer, la glace qui s’étend au bout du monde où le volcan jailli de l’océan. Dans ces endroits, on n’est pas lié par les règles du temps humain, on peut être libre de cette histoire qui ne peut émerger dans un flux constant, comme celui de la mer ou des dunes glissant dans le désert, dans la brume du temps météorologique et des confins. Dans ces endroits, on peut imaginer les millénaires ; imaginer la préhistoire et voir le futur. » Elle invente un pavillon concave qui s’inscrit dans la rotonde de béton, territoire immatériel quasi lunaire qui comme une lentille optique de cinéma vient faire converger la lumière et le reflet des images qui peuplent la vaste toile marouflée. Il abrite une chorégraphie infinie, où la pellicule de ses films Super 8 qui dessinent une cartographie autobiographique scandée de ses voyages autour du monde vient s’incruster dans des cartes postales de sa collection. Ces micro-paysages répondent avec retenue à l’immensité de la peinture de la rotonde. Aux projets d’expansion commerciale et coloniale qui la sous-tendent, Tacita Dean répond par une géographie intimiste et sensible faite de rêves, d’altérité et de désirs de nouveaux horizons. L’hybridation filmique de ces images, de ces cartes postales du 19e siècle et des films de ses débuts refilmés en 35 mm, redonne vie à des temporalités éloignées, à la fécondation quasi surréaliste des imaginaires, de la vie vécue, captée, enregistrée sur la pellicule et de celle qui se forme au plus profond de la contemplation de la nature et de l’art. 

Tacita Dean
Artiste en prise avec les notions de temps et de mémoire, Tacita Dean (née en 1965 au Royaume-Uni) convoque récits historiques ou fictionnels dans des dessins, photographies argentiques et films en 16 mm rompant avec toute approche académique. En faisant de ces supports anciens les outils privilégiés de sa recherche mémorielle, elle mène également une réflexion sur les enjeux du médium analogique lui-même et ses défis de conservation. Principalement reconnue pour ses films à l’atmosphère contemplative, souvent réalisés en plan séquence, l’œuvre de Tacita Dean est un véritable éloge de la lenteur. S’éloignant depuis les années 1990 des films commentés, elle privilégie depuis lors des bandes sonores discrètes qui intensifient encore le minimalisme de ses narrations. L’interrogation du paysage comme du passage du temps y est constante.
Les œuvres de Tacita Dean conservées au sein de la Collection Pinault ont été présentées pour la première fois à l’occasion de l’exposition « Accrochage » à Punta della Dogana. Son travail a fait l’objet de rétrospectives à l’Australian Centre for Contemporary Art de Melbourne (2009), au Dia : Beacon, New York (2008) et au Guggenheim Museum (2007).
 

Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Fermeture à 18h30 le 6 février.
Fermeture le mardi et le 1er mai.
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h, sauf du 13 janvier au 8 février.
Le premier samedi du mois, nocturne gratuite de 17h à 21h, sauf le 4 février.

La réservation est conseillée.
Plein tarif : 14€
Tarif réduit : 10€
Gratuit après 16h pour les porteurs de la carte Super Cercle.

Jusqu'au 8 février, la Bourse de Commerce est en inter-exposition.
Plein tarif : 9€
Tarif réduit : 7€

Les expositions