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Fujiko Nakaya
Du 5 au 14 septembre
Projection

Fujiko Nakaya : Video Works & Documentation

Horaires
Tous les jours, de 11h à 19h jusqu’au 14 septembre
Lieu
Auditorium
Tarifs

Accès avec un billet Exposition

À l’occasion des derniers jours de la présentation de Cloud #07156 de Fujiko Nakaya dans la Rotonde, la Bourse de Commerce propose un programme de films associant les œuvres vidéo de l’artiste à une sélection de documents retraçant l’histoire de ses sculptures de brouillard.

Pionnière de l’art vidéo dès le début des années 1970, Fujiko Nakaya explore ce médium selon deux directions. Avec le collectif Video Hiroba, elle fait de la caméra un outil pour engager le dialogue et témoigner, en enregistrant des situations et des paroles peu relayées par les grands médias. Parallèlement, la souplesse et l’intimité de la vidéo lui permettent d’explorer, seule devant la caméra, des gestes simples et des phénomènes physiques élémentaires, comme faire tenir un œuf sur sa pointe.

Le programme retrace également l’évolution de ses sculptures de brouillard depuis les premiers essais de 1969 et leur déploiement, en extérieur comme en intérieur, dans des contextes naturels ou urbains.

(#9243)

Fujiko Nakaya – Video Works

  • Friends of Minamata Victims – Video Diary, 1971-1972

N&B, son, 20 min

Friends of Minamata Victims – Video Diary s’inscrit dans le premier essor de l’art vidéo, alors que les premiers caméscopes arrivent sur le marché. En 1971, l’artiste canadien Michael Goldberg convainc le constructeur Sony de lui prêter un caméscope, qu’il fait circuler auprès d’artistes japonais dans le but de constituer un réseau de communication international fondé sur l’échange de lettres vidéo. Fujiko Nakaya répond à l’appel et choisit de mettre en lumière une situation de crise qu’elle estime passée sous silence : la contamination au mercure des habitants de la baie de Minamata, provoquée par les rejets de l’usine chimique Chisso. En filmant les manifestations devant le siège de l’entreprise, elle observe que la présence de la caméra galvanise les protestataires.

  • Old People WisdomCultural DNA, 1973

En collaboration avec Hakudo Kobayashi et Yuji Morioka. Extrait. N&B, son, 11 min (montage à partir de 25 heures d’enregistrement)

Fujiko Nakaya se rend dans des maisons de retraite, des associations et des manifestations pour interroger des personnes âgées. Elle leur pose systématiquement trois questions : la première porte sur leur expérience et les conseils qu’elles souhaiteraient transmettre aux générations futures, la deuxième sur leurs principes de vie, et la dernière sur leurs rêves pour l’avenir. Elle cherche ainsi à recueillir la parole d’une génération ayant vécu avant l’intensification de la compétition sociale et l’essor technologique et économique du Japon. Issu de 25 heures de tournage, l’extrait est sélectionné aléatoirement par ordinateur. Le film est ainsi conçu comme une ressource sociale à destination des générations futures, puisant dans ce réservoir de sagesse.

  • Statics of an Egg, 1973

N&B, son, 11 min

Cette vidéo est un enregistrement en continu et sans montage, montrant l’artiste faisant tenir un œuf en équilibre sur sa pointe. Pour en trouver le centre de gravité, elle le tapote légèrement du bout des doigts, jusqu’à ce qu’il se tienne à la verticale. Statics of an Egg fait partie d’une série de vidéos consacrée au geste des mains, avec Columbus Story (1973), Black Tea Bowls (1979) et Coordination: Right Hand/Left Hand (1979), dans lesquelles Nakaya interroge le rapport entre mouvement et conscience.

  • Coordination: Right Hand/Left Hand, 1979

Couleur, son, 8 min

Dans cette vidéo, Fujiko Nakaya filme en gros plan deux mains taillant un crayon à l’aide d’un couteau, révélant la différence entre leurs mouvements. La droite agit de manière mécanique et répétitive, tandis que la gauche répond à ses gestes, s’ajuste et contrôle la taille par des mouvements plus complexes, parfois presque sensuels. Coordination: Right Hand/Left Hand met en perspective les idées reçues associées à chaque main : dans de nombreuses cultures, la gauche est présentée comme impulsive et émotive, tandis que la droite est associée à la rationalité et à la productivité. La vidéo invite ainsi à reconsidérer et à renverser ces présomptions.

  • Soji-ji, 1979

Extrait. Couleur, son, 18 min (montage à partir de 60 min d’enregistrement)

Réalisé au temple zen Soji-ji, au Japon, le film documente la lecture matinale des sutras par les moines. Chacun récite au rythme de son propre souffle, reprenant sa respiration à un moment différent, tandis que la récitation collective se poursuit sans interruption. Nakaya cherche à saisir cette continuité, semblable à une rivière profonde dont le cours se poursuit par-delà les pauses individuelles. À peine perceptible à l’image, le rythme des respirations se révèle néanmoins dans le mouvement des pieds des moines lorsqu’ils chantent en marchant. Ces subtils décalages entre rythmes individuels et flux collectif évoquent le ma, notion japonaise qui conçoit l’intervalle comme espace de relations.

(#9245)

Fujiko Nakaya – Documentation 

  • Fujiko Nakaya et Thomas Mee. Tests pour les sculptures de brouillard

1969, Jardin de Thomas Mee, États-Unis.  2:29 min.

Cette vidéo documente les premiers essais de « sculptures de brouillard » de Fujiko Nakaya, dont le dispositif technique est mis au point avec le concours de l’ingénieur Thomas Mee. Réalisés en 1969 en Californie, ces tests précèdent d’un an la première présentation publique des sculptures de brouillard de l’artiste.

  • Pepsi Pavilion, sculpture de brouillard #47773

1970, Japon. 1 min 39 s. 

Réalisé pour l’Exposition universelle d’Osaka en 1970, le Pavillon Pepsi est produit par E.A.T. (Experiments in Art and Technology), une organisation qui favorise les collaborations entre artistes et ingénieurs. Fujiko Nakaya y réalise sa première sculpture de brouillard, enveloppant l’extérieur du bâtiment d’un voile en perpétuelle transformation. Soumis au vent et aux conditions atmosphériques, le brouillard change continuellement de forme, faisant du climat le moule même de la sculpture. 

  • Opal Loop/Cloud Installation, installation de brouillard #72503

En collaboration avec Trisha Brown (chorégraphie). 1980. Extrait. 5 min 19 s

Dans la pièce chorégraphique Opal Loop/Cloud Installation, fruit d’une collaboration avec la chorégraphe américaine Trisha Brown, le brouillard de Fujiko Nakaya se déploie tantôt en arrière-plan, tantôt à travers la scène, dialoguant avec les danseurs et les enveloppant jusqu’à les faire disparaître puis réapparaître. Témoignant de l’implication de Nakaya dans l’avant-garde new-yorkaise, l’œuvre constitue également sa première sculpture de brouillard réalisée en intérieur.

  • Foggy Forest, environnement de brouillard #47660

1992, Japon. 9 min 45 s

Foggy Forest est une installation permanente conçue en 1992 pour la « Forêt des enfants » du parc Showa Kinen, dans la banlieue de Tokyo. Sur un vaste terrain de jeu modelé pour retenir et orienter le brouillard, celui-ci se déploie depuis un « bassin » et une « cascade », évoluant au gré du vent et des conditions atmosphériques. Les enfants sont invités à traverser cet environnement changeant et à faire du brouillard une expérience à la fois visuelle et tactile. L’œuvre incarne ainsi le souhait de Nakaya d’inscrire ses sculptures de brouillard dans l’espace public.

  • F.O.G., sculpture de brouillard #08025

1998, Espagne. 4 min

Commandée à Fujiko Nakaya par Robert Rauschenberg à l’occasion de sa rétrospective au Guggenheim Bilbao, F.O.G. se déploie autour du bâtiment et du pont côté nord, jusqu’au bassin qui borde le musée, où elle interagit avec Fontaine de feu d’Yves Klein. Son titre reprend les initiales de Frank O. Gehry, architecte du musée.

  • Moss Garden Nicey-sur-Aire, sculpture de brouillard #07172

2012, France. 3 min 45 s

Moss Garden Nicey-sur-Aire est une installation permanente réalisée le long de la rivière Aire, en Meuse. Aménagé avec la participation des habitants à la manière d’un jardin japonais et à partir de matériaux naturels locaux, le site est traversé par des nappes de brouillard qui s’élèvent de part et d’autre de la rivière, y chutent et accompagnent son flux, au gré du vent.

  • Fog SquareFreedom Fog, installation de brouillard #07156R

2013, France. 5 min 13 s 

Réalisé pour Nuit Blanche 2013, Fog Square déploie une sculpture de brouillard éphémère sur la place de la République, à Paris, dont elle transforme la perception le temps d’une nuit. Un immense rideau de brouillard chute sur les passants et des voiles de brume enveloppent la statue de la République.

  • Standing Cloud, sculpture de brouillard #07240

2013, France. 4 min 25 s  

Réalisée au Domaine de Chaumont-sur-Loire, dans les Prés du Goualoup, Standing Cloud est une sculpture installée dans un bosquet de bouleaux. Des rangées de buses accrochées en hauteur dans les arbres diffusent le brouillard au-dessus des visiteurs qui s’aventurent sur une petite plateforme en bois.

  • Fog Louisiana, installation de brouillard, #47662

2016, Japon. 1 min 58 s

Présentée en 2016 au pied de la Yebisu Garden Place Tower, dans le complexe urbain de Yebisu Garden Place à Tokyo, Fog Louisiana reprend le principe développé lors d’une performance réalisée en 1982 (Kata-no-Taiko, Fog Performance #47605). Des camions-bennes déchargent du brouillard : lorsque leurs plates-formes basculent, celui-ci se déverse en cascade, rebondit au sol puis s’élève à nouveau, formant un nuage en perpétuelle transformation.

  • London Fog, sculpture de brouillard #03779

2017, Royaume-Uni. 4 min 15 s 

London Fog (2017) est une sculpture de brouillard réalisée par Fujiko Nakaya sur la terrasse de la Tate Modern, à Londres. Accompagnée d’une création sonore de Ryuichi Sakamoto et d’un dispositif lumineux de Shiro Takatani, l’œuvre transforme l’espace au rythme des variations du brouillard. Le danseur Min Tanaka y a réalisé plusieurs performances, faisant naître un subtil dialogue entre le corps et la brume.

  • Khao Yai Fog Forest, environnement de brouillard #48435

2025, Thaïlande. 2 min 20 s

Khao Yai Fog Forest (2025) est une installation permanente de Fujiko Nakaya située dans la forêt du même nom, en Thaïlande. Plus grande sculpture de brouillard réalisée par l'artiste à ce jour, elle s'étend sur plusieurs hectares de paysage spécialement modelé pour guider les mouvements du brouillard. Elle s'inscrit dans une démarche de régénération écologique où l'art, le paysage et l'environnement ne font qu'un.

(#9247)

Une sélection de films réalisée par la critique et théoricienne de l’art Anne-Marie Duguet, autrice de la première monographie consacrée à Fujiko Nakaya, Anarchive n° 5 – Fujiko Nakaya (Les Presses du réel, 2012). 

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