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Pierre Huyghe

à partir du 7 février
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Jusqu’au 25 mai, le film Camata (2024) de Pierre Huyghe déploie dans la Rotonde du musée une méditation où vie et mort, réel et fiction, humain et non-humain se rejouent pour questionner la place de l'humanité au sein d’un univers façonné par la technologie.

Horaires

Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Fermeture le mardi
Pas de nocturne les vendredis

Jusqu’au 2 mars, le musée est en mouvement et les tarifs sont adaptés : 

Tarif réduit pour tous : 9 €
Tarif 18-26 et autres réductions : 7 € 
Entrée gratuite sans réservation pour les porteurs de la carte Super Cercle
Accès illimité et prioritaire avec la carte Membership

Tous les tarifs et bénéficiaires de gratuité

Dans le cadre de l'exposition « Clair-obscur », le film Camata (2024) de l'artiste français Pierre Huyghe est présenté en majesté au cœur du musée et invite à une méditation sur la place de l’être humain au sein d’un univers régi par la technologie. L’hybridation de la mort à la vie, de la réalité à la fiction, du corps au paysage, du passé au présent et au futur, de la nuit au jour, de l’ombre à la lumière, de la terre au ciel, du rituel au cosmos, de l’humain au non-humain s’y rejoue sans cesse. 

Dans la Rotonde, Camata dévoile un paysage entre jour et nuit où se joue un étrange ballet robotique. Orchestré par des algorithmes d’apprentissage automatique, le rythme des images est en perpétuelle transformation. Un ensemble de machines exécutent un rituel de nature inconnue autour d’un squelette humain découvert sans sépulture dans le désert d’Atacama, au Chili. Hanté par la découverte de ce corps mort reposant entre le sol et l’infini du cosmos, Pierre Huyghe invente ici un rituel à la fois archaïque et technologique, où des bras mécaniques activés par l’énergie de panneaux solaires s’animent autour du squelette en une chorégraphie lente et précise comme une autopsie. Ils manipulent avec délicatesse des sphères de verre et des amulettes accomplissant les gestes d’une cérémonie funéraire et métaphysique, invitant à une médiation sur la place de l’humain au sein d’un monde en mutation régi par la technologie.   

Commissariat : Emma Lavigne, directrice générale de la Collection, conservatrice générale.

Pierre Huyghe Camata 2024 Robotique alimentée par apprentissage automatique, film autogénéré, édité en temps réel par des algorithmes d'apprentissage automatique, son, capteurs Pinault Collection © Adagp, Paris, 2025

«  En 2015, j’ai fait face à ce corps, c’était une image qui existait dans la réalité avant sa saisie photographique. C’était dans un lieu très particulier, situé dans le plus vieux et le plus sec désert du monde, donc le plus éloigné d’une forme de vie. La NASA y teste des détecteurs de vie pour les exoplanètes, le plus grand télescope astronomique et la plus grande centrale solaire l’Amérique du Sud y sont installés. Au milieu de ces instruments tournés vers d’autres astres, il y a ce squelette allongé sur le sol rocailleux du désert, s’y confondant, dans une position de dormeur au bord d’un ruisseau asséché. 

En pensant à une entité qui puisse s’auto-construire et s’auto-présenter à travers un film, est venue l’idée d’une opération, d’un ensemble d’actes se déroulant autour de ce corps. À ses côtés se trouvent des bras robotiques sortant du sol, initiant des gestes, prenant des éléments, des objets, pour les assembler, ils font des configurations, des géométries, des symboles qui entourent ou traversent le corps devenu scène. Leurs actions produisent des sons, des musicalités. Cela se répète, sur plusieurs jours et plusieurs nuits, idéalement sur plusieurs années, en live. Un ensemble de capteurs dont des caméras enregistrent pendant qu’un héliostat renvoie la lumière ou saisit ce qui se passe. 

On pense rapidement à quelque chose de l’ordre du rite funéraire, à une opération chirurgicale ou au théâtre anatomique ; on peut y voir la constitution d’une nouvelle subjectivité en train d’apprendre ou la naissance d’une transaction métaphysique étrange entre ces différentes réalités. C’est un échange symbolique et énigmatique entre l’inexistant et le disparu, un jeu qui ne produit rien, ni résultat ni sens. » 
Pierre Huyghe

Extrait d’interview avec Anne Stenne publiée dans le catalogue d’exposition « Liminal », Punta della Dogana, Venise, 2024, Pinault Collection. 

(#8407)

Biographie de Pierre Huyghe

Pierre Huyghe semble avoir fait sienne la phrase du philosophe Michel de Certeau selon lequelle « la fiction est un moyen de saisir le réel ». Depuis le début des années 1990, l’artiste réinvente les moyens de création et interroge les liens multiples entre œuvre, spectateur et réalité.

Par-delà leur grand éclectisme formel (vidéos, performances, objets ou photographies), les œuvres de Pierre Huyghe partagent de mêmes questionnements. La relation au temps et à la mémoire collective sont parfois explorées au travers d’expositions, véritables modes d’expression, qui dévoilent les dessous de la création. Les œuvres de l’artiste sont conçues comme des « initiateurs d’événements » : « il s’agit d’exposer quelqu’un à quelque chose, plutôt que quelque chose à quelqu’un. »

Né à Paris en 1962, Pierre Huyghe étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de 1982 à 1985. Son travail a été exposé dans de nombreux musées et à l’occasion d’événements internationaux comme la Biennale de Venise et la Documenta de Kassel. Ses œuvres conservées au sein de la Collection Pinault ont été présentées pour la première fois en 2006 à l’occasion de l’exposition « Where Are We Going? » à Palazzo Grassi à Venise.

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