Tuymans / Cahn / Oba

jusqu’au 31 décembre 2021
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Miriam Cahn, sarajevo, 22.8.95, 1995
Fermer Miriam Cahn, sarajevo, 22.8.95, 1995. ©Miriam Cahn. Courtesy de l'artiste, Galerie Jocelyn Wolff et Pinault Collection. Photo François Doury

Luc Tuymans

Les cinq peintures de Luc Tuymans présentées en Galerie 6 permettent de relire dans une perspective culturelle européenne nombre de traits fondamentaux de son oeuvre, la guerre, et plus particulièrement la Seconde Guerre mondiale, la banalité du mal, la combinaison baroque de la tragédie et de la farce, l’ambiguïté de la réalité et de ses images.
Luc Tuymans est né en 1958 à Mortsel, en Belgique. Il vit et travaille à Anvers. Considéré comme l’un des peintres les plus influents de la scène artistique internationale, Luc Tuymans s’est consacré à la peinture figurative depuis le milieu des années 1980 et a contribué, tout au long de sa carrière, à la renaissance de ce médium dans l’art contemporain.

Ses oeuvres traitent de questions liées au passé et à l’histoire plus récente, et abordent les sujets du quotidien à travers un répertoire d’images empruntées aux sphères personnelle et publique – la presse, la télévision, Internet. L’artiste parle de l’imaginaire transformé par le monde des médias et utilise aussi des images trouvées sur le web, ou des photographies prises personnellement avec son téléphone portable, qu’il imprime et rephotographie. Sa palette, jamais excessive, se compose de différentes tonalités de gris ou de couleurs pastel. Tuymans restitue ces images en les fondant dans une lumière insolite et raréfiée ; il en émane une inquiétude apte à déclencher – selon ses propres termes – une « falsification authentique » de la réalité. Les oeuvres de Luc Tuymans se confrontent aussi à l’histoire et aux faits divers : l’artiste aborde des thématiques urgentes, comme le grand rêve américain, l’horreur du nazisme, les développements du post-colonialisme, la politique des États-Unis. Son oeuvre a fait l’objet d’une rétrospective inédite au Palazzo Grassi, à Venise, de mars 2019 à janvier 2020, intitulée « La Pelle ».


Miriam Cahn

Les apparitions spectrales  des figures peintes et dessinées par Miriam Cahn sont nimbées de couleurs acides ou révélées sur le fond brut de la feuille de papier - directement clouée aux cimaises - par un épais trait de pigments noirs, appliqué au doigt. Leur fugacité relève d’une réflexion sur la mémoire et le temps ; leur inspiration est liée à l’engagement politique et féministe de l’artiste, entre  sensualité organique, stylisation, expressionnisme et objectivité crue : corps nus, corps matriarches, puissants, sexués, guerriers, frontalité des postures, absence du regard… L’œuvre de Miriam Cahn, fondée sur la représentation des corps, s’attache plus précisément aux conditions d’apparition de l’image : son surgissement, son trouble, sa disparition. Un mirage dans un paysage évanescent, le saisissement mystérieux d’une silhouette, le halo mouvant d’un visage.

Née en 1949 à Bâle, en Suisse, Miriam Cahn se forme au graphisme, puis s’en détourne pour le dessin. Qu’ils soient exécutés à la craie, sur les murs des galeries et dans l’espace public, ou au fusain, sur de grands cahiers posés au sol, ses premiers dessins de la fin des années 1970 manifestent une expression véhémente, violente, transgressive. L’artiste utilise aussi son propre corps comme matériau dans des performances vidéo. La notoriété acquise avec la présentation de son oeuvre à la Documenta de Kassel de 1982 coïncide avec l’emploi systématique de la peinture à l’huile et en couleur qui devient alors sa pratique de prédilection.
 

Antonio Oba

Un ensemble de sept œuvres de l’artiste brésilien Antonio Oba est présenté pour la première fois par la Collection Pinault. La pratique syncrétique d’Antonio Oba s’imprègne de l’univers religieux et mystique brésilien : bercé par ces croyances, il explore cette construction identitaire. Il adopte différents vocabulaires artistiques, comme en témoignent ses ambitieuses compositions peintes, à l'iconographie complexe, énigmatique, aux accents symbolistes, empruntant à l’histoire de la peinture.  Antonio Oba utilise aussi son corps, pressé contre le papier, apposant directement son empreinte, souffrante, comme écorchée, mais aussi érotisée, sur ses dessins.

Antonio Oba est né en 1983 à Brasilia où il vit et travaille. Dans son œuvre, entre peinture, dessin, sculpture, performance et installation, il convoque les contradictions présentes dans sa culture. Ses installations sont ainsi composées d’ex-voto – objets offerts au divin en remerciement d’une miséricorde ou d’une intercession - auxquels l’artiste ajoute des éléments organiques animaux ou débris à forte charge symbolique (dents, fers à cheval, clous). Ces images composites, comme des amulettes, des icônes religieuses investies magiquement, semblent témoigner d’histoires douloureuses et de corps blessés, entre un récit individuel et un passé universel.

Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 21h
Le premier samedi du mois, nocturne gratuite de 17h à 21h
Fermeture le mardi et le 1er mai.

Un billet unique pour toutes les expositions. En raison de la situation sanitaire, la réservation est obligatoire en ligne ou sur place.
Plein tarif : 14€
Tarif réduit : 10€

Gratuit après 16h pour les porteurs de la carte Super Cercle.