La Bourse de Commerce et le label new-yorkais Blank Forms présentent un concert de l’icône post-punk électro Martin Rev. La soirée commence avec Lary 7 qui, pour sa première performance en Europe depuis dix ans, présente une improvisation conçue à partir d’un ensemble de machines analogiques fabriquées et modifiées par ses soins.
Programme
21h : ouverture des portes
21h30 : Lary 7
22h10 : (dj)
22h30 : Martin Rev
Bar pendant la soirée. Accès jusqu’à 23h.
Martin Rev grandit dans le Bronx des années 1950 et 1960, entouré de parents musiciens et de chanteurs de doo-wop au coin des rues. Très tôt passionné par le jazz, il étudie auprès du pianiste Lennie Tristano et joue dans des clubs new-yorkais, une formation qui nourrit une approche de la composition qu’il décrit comme profondément visuelle.
En 1970, au Project of Living Artists, lieu alternatif de Greenwich Village, il rencontre Alan Vega (1936-2016), artiste qui réalise alors des sculptures de lumière à partir d’ampoules et de néons. Ils fondent le duo Suicide. Dans un New York traversé par l’émergence du punk, le groupe se produit au CBGB, au Max’s Kansas City et dans de nombreux clubs aujourd’hui disparus. Synthétiseurs, boîtes à rythmes et distorsions réduisent l’instrumentation rock à une forme électronique minimale et radicale, portée par la voix d’Alan Vega. Leur musique, qu’ils sont parmi les premiers à qualifier de « punk », préfigure la no wave et certaines formes de musique électronique.
Parallèlement à Suicide, Martin Rev développe dès 1980 une œuvre solo où se rencontrent électronique minimale, rythmes distordus et mélodies synthétiques. Sa musique joue sur les contrastes : motifs en arpèges, nappes sonores, percussions sèches et fragments mélodiques qui apparaissent et s’effacent. Sous les claviers denses et les rythmes nerveux des machines demeure l’influence du doo-wop et du R&B de son enfance. Même dans ses compositions les plus abrasives et saturées affleure ainsi un noyau mélodique, auquel répond sa voix grave et délicate.
Avec une installation vidéo de Divine Enfant.
Artiste, cinéaste et musicien, Lary 7 développe depuis plusieurs décennies une pratique singulière autour de technologies devenues obsolètes. Magnétophones, projecteurs, radios, moteurs et oscillateurs récupérés deviennent la matière première d’instruments qu’il fabrique, transforme et détourne. Une forme d’archéologie des médias où persistent des sons, des images et des savoir-faire menacés de disparition.
Ses performances se construisent dans l’instant, au gré des réactions imprévisibles des machines : feedbacks, vibrations, pulsations, lumières et bruits mécaniques composent un environnement en perpétuelle transformation. Lary 7 qualifie lui-même cette expérience d’« irritainment », entre abrasion, instabilité et humour.