Exposition
29.03.26 — 10.01.27
Palazzo Grassi

Amar Kanwar

Palazzo Grassi 
Du 29 mars 2026 au 10 janvier 2027 

Commissariat : Jean-Marie Gallais, conservateur chez Pinault Collection 

Pinault Collection présente une exposition consacrée à Amar Kanwar, articulée autour de deux installations multimédias majeures présentées en dialogue au deuxième étage du Palazzo Grassi. Portée par une approche à la fois poétique et philosophique des réalités individuelles, sociales et politiques, l’œuvre de l’artiste indien fait surgir un espace au croisement de l’art, du documentaire et de l’activisme. Ses installations proposent une forme puissante de méditation sur la condition humaine, mêlant intensité visuelle, engagement et profondeur narrative.

Amar Kanwar (né en 1964, à New Delhi, Inde) s’est distingué depuis les années 1990 par ses films et œuvres multimédias qui explorent les enjeux de pouvoir, de violence et de résistance. Son regard est celui d’un observateur qui documente l’histoire contemporaine de l’Asie du Sud. Laissant émerger des récits parallèles, le cinéaste s’appuie sur des documents d’archives et des témoignages, mais aussi sur une imagerie poétique, pour créer un récit à plusieurs niveaux de lecture. Dépassant le simple commentaire social ou politique, Kanwar transcende les récits personnels et collectifs.

Son installation The Torn First Pages (2004-2008)—littéralement «Les premières pages déchirées»—, présentée au Palazzo Grassi, témoigne de la lutte complexe pour la démocratie en Birmanie. Elle est le résultat d’un travail propre à Kanwar de collecte, de synthèse et de redéploiement de documents d’archives. Le titre de l’installation rend hommage au geste de protestation du libraire Ko Than Htay qui arrachait la première page de chaque livre qu’il vendait—page qui, conformément à la loi, contenait les déclarations du programme politique de la dictature militaire. L’installation de Kanwar présente un livre et des vidéos projetées sur des feuilles de papier, attirant l’attention sur les atrocités du régime birman, et forme une ode à la résilience de la contestation politique en Birmanie et dans le monde.

Au centre, la pièce la plus récente de l’artiste et appartenant à la Collection Pinault, The Peacock’s Graveyard (2023)—en français, «le cimetière des paons»—, méditation contemporaine sur la mort, l’impermanence et le cycle de la vie, est présentée dans une salle plongée dans un noir profond. Sept écrans invisibles, montrant de l’image ou du texte, tissent une chorégraphie flottante qui évoque la magie du proto-cinéma. Un raga (musique mélodique classique indienne basée sur l’improvisation) puissant et entraînant du pianiste Utsav Lal installe une lenteur, puis une transe. Exploitant tout le potentiel de cette narration multifocale, Amar Kanwar ne filme aucun personnage et n’utilise aucune voix, mais un texte accompagné d’images métaphoriques et abstraites. Dans les cinq histoires courtes écrites par l’artiste, d’une durée totale de 28 minutes, nous rencontrons un prêtre furieux, un bourreau à qui un arbre donne une leçon, un propriétaire trahissant une promesse, un président réincarné ou encore deux amis sauvés par leurs querelles. Kanwar décrit ces fables simples et métaphysiques comme des outils pour nous aider à ajuster notre rapport au monde, à sa violence et à ses rapports de pouvoir—de petits contes pour adultes, à emporter avec soi.

Conçue par Jean-Marie Gallais, conservateur au sein de la Collection Pinault, l’exposition établit un dialogue entre les deux œuvres, créées à vingt ans d’intervalle, et invite les visiteurs à se plonger dans l’arsenal de procédés visuels et narratifs déployés par le cinéaste, explorant une méditation poétique et politique sur la nature humaine, la justice et l’injustice, «les conséquences de l’arrogance de notre espèce», selon les mots de l’artiste. Si The Peacock’s Graveyard revêt une forme fictionnelle atemporelle, la pièce aborde des questions résolument contemporaines: le sol et l’accès à l’eau, l’histoire, la mémoire, le karma et la morale. The Torn First Pages témoigne de résistances individuelles et collectives de gens ordinaires face à la violence. Formellement, les œuvres présentent des similitudes, comme si la première était une prémonition de la seconde, qui se présente comme une «distillation» de la même idée: les images deviennent soudainement d’une clarté cristalline et les histoires universelles. L’exposition offre ainsi un éclairage profond sur notre présent, «ce moment de l’histoire où chaque vérité semble avoir son pendant brutal», explique Kanwar.

Le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana présentent des expositions temporaires de la Pinault Collection. Pendant la durée des expositions, les musées sont ouverts tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h. Dernier accès à 17h. Fermés le 25 décembre. Veuillez vérifier les dates des expositions avant votre visite. 

Les expositions ouvrent leurs portes le 29 mars

 

Un billet d'entrée pour visiter les expositions pendant la période d'ouverture : 

Plein tarif : €20
Tarif réduit : €15
Billet 20-26 ans : €7
Gratuit pour les Members Pinault Collection et pour les visiteurs de moins de 20 ans (vérifier ici les conditions d'accès pour les groupes scolaires).
Gratuit pour les résidents et les étudiants de Venise : tous les mercredis, le premier et le dernier jour d'ouverture des expositions. 

 

Si vous avez des questions sur l’exposition en cours, adressez‐vous aux médiateurs culturels. Le service est gratuit et disponible lundi, mercredi, samedi et dimanche de 11h à 13h et de 15h à 17h.  

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