Le regard du collectionneur

Le regard du collectionneur

Francois Pinault

Depuis presque cinquante ans, avec passion et engagement, François Pinault a rassemblé une collection d’art contemporain parmi les plus importantes au monde. Retour sur un parcours singulier et sur le regard du collectionneur.

Une collection d'environ 10 000 œuvres consacrée à l’art contemporain 

C’est au début des années 1970 que François Pinault commence à s’intéresser à l’art avec les peintres de l’école de Pont-Aven. En 1972, il acquiert une toile de Paul Sérusier, Cour de ferme en Bretagne, qui – selon ses propres mots – devient le « talisman » d’une collection à naître. La découverte des nabis le mène vers le cubisme et les avant-gardes du 20e siècle, puis vers l’abstraction, le minimalisme et, enfin, vers l’art qui lui est le plus contemporain, tous courants et médiums confondus, de la peinture à la vidéo, de la sculpture à la photographie, de l’installation à la performance. C’est pour le collectionneur, désormais captivé par l’art de son temps, l’occasion de nouer des relations fortes et fidèles avec les artistes dont il collectionne les œuvres parfois depuis de nombreuses années.

Paul Sérusier, Cour de ferme en Bretagne, 1891
Paul Sérusier, Cour de ferme en Bretagne, 1891

La trajectoire de collectionneur de François Pinault se révèle aussi singulière que sa réussite entrepreneuriale. Né en 1936, François Pinault a grandi à Trévérien, village d’Ille-et-Vilaine, en terres bretonnes. Après avoir quitté l’école à 16 ans, il se lance dans la vie active, d’abord en rejoignant la scierie familiale, puis en créant en 1962 sa première entreprise spécialisée dans le négoce du bois, laquelle se développe et devient l’un des plus grands groupes du secteur, avant d’être réorientée vers les activités de distribution spécialisée, puis vers le secteur du luxe en 1999. Le groupe, devenu Kering, l’un des leaders mondiaux de l’industrie du luxe, est dirigé depuis 2003 par son fils, François-Henri. 

La collection rassemble les œuvres de toutes les générations d’artistes, jeunes talents ou très reconnus, dans une grande diversité de cultures et d’origines. Elle est aussi un manifeste de la diversité des thèmes qui traversent et nourrissent l’art de notre époque, et notamment les démarches souvent très engagées sur des sujets politiques, sociaux, raciaux et de genre. Elle se donne à voir au public à travers des accrochages et des expositions régulièrement renouvelés au sein des musées de Pinault Collection, ainsi qu’à travers des prêts exceptionnels et un programme de manifestations hors les murs dans des institutions partenaires, en France et à l’étranger.

 

« Partager avec le public les questions que l’art se pose et qu’il nous pose : c’est le sens même du projet culturel que j’ai initié. » François Pinault

Tapis d'oeuvres

 

 

 

Un projet culturel toujours en mouvement

Initié en 2006, à Venise, avec l’inauguration du Palazzo Grassi, poursuivi en 2009, avec l’ouverture de la Punta della Dogana et du Teatrino, en 2013, le projet culturel de François Pinault s’incarne aussi dans une résidence d’artiste à Lens, la dotation d’un prix consacré à l’histoire de l’art — le prix Pierre Daix — une politique active de prêts et d’expositions Hors les murs depuis 2007 en collaboration avec les musées en région et dans le monde. L’ouverture de la Bourse de Commerce est une nouvelle étape vers un partage toujours plus large avec le public.

« Depuis longtemps, je caressais l’espoir de pouvoir un jour présenter ma collection à Paris, dans cette ville que j’aime. » 

« C’est pourquoi l’ouverture de la Bourse de Commerce – Pinault Collection revêt, sur un plan personnel, une importance décisive et symbolique. Tout en suivant scrupuleusement les repères historiques du bâtiment, Tadao Ando a conçu un projet qui concilie en un seul geste la radicalité et la simplicité. Il a réussi le tour de force de créer un nouveau monde à l’intérieur de cet édifice. Un monde respectueux du passé, célébrant le présent et embrassant l’avenir. » écrit François Pinault.